Les racines du Shiatsu : Shiatsu-ho et Tamai Tenpeki, 4

Les racines du Shiatsu : Shiatsu-ho et Tamai Tenpeki, 4

Cet article poursuit la traduction et le commentaire du texte de Tamaï, Shiatsu-ho. (Pour les parties précédentes, voir 1, 2 et 3). Je commencerai à la page 107 qui continue avec la description par Tamaï de sa séquence de Shiatsu. Dans le dernier épisode, nous avons couvert la séquence entière de la tête aux pieds, mais Tamaï continue sa description par le visage et les oreilles.


Par Stephen Brown

12 – Visage

(1), (2) au-dessus des sourcils et en dessous des sourcils, (3) juste en dessous des yeux, (4) du côté du nez à l’avant des oreilles du côté du nez jusqu’à l’avant des oreilles.

Méthode de pressage : Le receveur est allongé sur le dos pendant que (les points) sont pressés avec l’index et le majeur de de l’index et du majeur, de la partie médiane à la partie latérale, jusqu’à la racine des cheveux. (2) Appuyez entre les sourcils et ensuite les deux côtés et jusqu’à la naissance des cheveux. (3) Le bord inférieur des yeux comme décrit ci-dessus. (4) Pressez depuis le côté du nez jusqu’à l’avant des oreilles. (Voir Fig 116)

Fig. 116

13 – Les yeux

(1) directement au-dessus de la pupille, (2) en diagonale au-dessus, (3) le coin, (4) diagonalement en dessous, (5) directement en dessous, (7) en diagonale en dessous, (8) le coin.

Méthode de pressage : Asseyez-vous à la tête du récepteur en position couchée sur le dos et placez le doigt sur l’œil de façon à ce que l’ongle soit orienté vers le globe oculaire. Appuyez doucement sur le doigt entre le globe oculaire et l’orbite aussi profondément que possible pour afin d’appuyer sur le bord de l’orbite. Appuyez 10 fois. Appuyez alternativement sur l’œil droit et gauche (yeux) alternativement. Remarque : Veillez à désinfecter désinfecter soigneusement les doigts. (Voir Fig 117)

Fig. 117

La méthode Shiatsu ci-dessus, qui consiste à appuyer sur l’œil, est nouvelle pour moi. J’ai appris à presser autour de l’orbite, mais avec le moins de pression possible sur les globes oculaires. C’est différent de l’instruction de Tamaï de presser « entre le globe oculaire et l’orbite aussi profondément que possible afin d’appuyer sur le bord interne du globe oculaire » Son instruction de presser « les yeux droit et gauche en alternance » n’est pas claire. Il est plus probable que qu’il ait appuyé sur un œil, puis sur l’autre et a répété cela dans les deux sens. Je n’ai jamais stérilisé mes mains pour appliquer le Shiatsu, mais Tamaï était d’une autre époque où la propreté du du patient n’était pas une évidence et il a donc compris la nécessité d’éviter toute infection par inadvertance.

14 – Oreilles

(1) circonférence de l’oreille à partir du bord du pavillon de l’oreille, (2) autour du pavillon, (3) périmètre du pavillon.

Méthode de pression : (1) et (2) Pressez doucement mais fermement avec le pouce. (3) Bien couper les ongles, désinfecter les doigts et utiliser l’index ou le petit doigt pour presser soigneusement en suivant la structure de l’oreille. (Pressez) chaque oreille trois fois. (Voir Fig. 118)

Fig. 118

15 – Le nez

entre les sourcils, (2) de l’os nasal au bord antérieur des oreilles, (3) de l’ala nasi (ailes du nez) au bord antérieur des oreilles, (4) sous le nez, (5) pointe du nez.

Méthode de pressage : Asseyez-vous à la tête du récepteur en position couchée sur le dos et (1) appuyez entre les sourcils assez fermement avec le pouce droit. (2) Appuyez sur l’os nasal alternativement de chaque côté en utilisant les deux pouces de façon à ce que l’os nasal bouge. Utilisez les pouces pour presser sur l’os nasal jusqu’au bord de l’oreille. (3) Appuyez alternativement sur l’ala nasi (ailes du nez) avec les deux pouces en diagonale vers le haut en direction du centre de l’os nasal. Utilisez les pouces pour pour appuyer sur les points situés à côté de l’ala nasi vers le bord des oreilles. (4) Appuyez sous le nez et (5) le bout du nez avec le pouce. Appuyez 3 fois ou 5 fois. (Voir Fig 119)

Fig. 119

La pression appliquée sur le nez est assez forte. Les points du visage peuvent être sensibles et généralement j’exerce une légère pression sur les points du visage. A noter l’instruction d’appuyer sur l’os nasal alternativement de chaque côté pour que l’os nasal bouge. Cela indique que Tamaï avait tendance à utiliser une forte pression à une époque où l’intensité de la pression était considérée comme un critère important où l’intensité de la pression était synonyme d’effet. Dans son explication initiale pour la quantité de pression, il suggère une pression jusqu’au point où le receveur est sur le point de ressentir de la douleur. De nos jours, les gens sont plus réfractaires à la douleur. On nous a appris à être prudents et à appuyer plus légèrement sur les zones sensibles comme le visage.

16 – Bouche Autour de la bouche (racine des dents)

Méthode de pressage : S’asseoir à la tête du récepteur en position couchée et utiliser le pouce ou l’index et le majeur. Commencez à presser sous le nez et faites le tour de la bouche dans le sens des aiguilles d’une montre ou dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Appuyez assez légèrement et répétez 3 à 5 fois. (Voir Fig 120)

Fig. 120

17 – Zone inguinale, haut des cuisses (sur l’artère inguinale)

Méthode de pressage : Asseyez-vous d’un côté du récepteur en position couchée. Utilisez le pouce pour appuyer assez légèrement. Répétez 3 fois. (voir Fig 121)

Fig. 121

18 – Zone périnéale : Pour les hommes, elle se situe entre le pénis et l’anus ; pour les femmes, elle se situe entre le vagin et l’anus.

Méthode de pressage : Le receveur est allongé sur le dos, demandez-lui de lever haut les jambes et de presser en utilisant les pouces (voir Fig 122).

Fig. 122

Tamaï donne étonnamment peu de détails pour presser ces zones privées et sensibles. L’utilisation d’une légère pression est suggérée pour la zone inguinale, mais rien n’est dit sur la direction de la pression et s’il faut aller de la partie médiale à la partie latérale ou vice-versa. A-t-il appuyé d’un côté à la fois ou des deux côtés en même temps ? Quand je presse la zone inguinale, je fais toujours un côté à la fois et je soutien l’autre côté l’autre côté afin de mieux enregistrer la réponse des tissus. De plus, je presse toujours ces points de médial à latéral. Dans tout endroit proche des parties intimes, s’éloigner semble moins menaçant. Puisque Tamaï ne donne pas de détails sur la pression de la zone périnéale, où commencer à la pression ou combien ; cela me fait me demander s’il a beaucoup traité cette zone en pratique. Il a peut-être évité la zone périnéale dans la plupart des cas à moins qu’il y ait une douleur liée à cette zone.

Méthode Shiatsu numéro deux – Tête et cou

Crâne (1) centre du front à la naissance des cheveux, (2) GV-22, (3) couronne, (4) protubérance occipitale externe, (5) bord inférieur de l’occiput, (6) coins supérieurs du front, (7) coin de l’os frontal, (8) points médians entre la couronne et le sommet de l’oreille, (9) le milieu postérieur du crâne, et (10) les angles inférieurs de l’occiput.

Méthode de pressage : Tenez-vous derrière le récepteur assis récepteur assis et soutenez la zone occipitale d’une main. Appuyez avec le coin du pouce droit (1) vers le centre du cerveau pour que le receveur ressente une légère douleur. La durée est de 3 secondes à 5 secondes maximum. Même durée pour les autres points. (2) Identique au précédent, mais appuyez un peu plus légèrement que sur le point précédent. (3) Appuyez directement du haut vers le bas, vers le centre du cerveau. Appuyez avec la même intensité que le point (1) et relâchez lentement. (4) Soutenez la zone frontale d’une main et appuyez vers le centre du cerveau du cerveau. (5) Même chose que ci-dessus. (6) Utilisez les deux pouces ou les doigts du milieu pour presser les deux points à la fois vers le centre du cerveau. (7) Même chose que ci-dessus. (8) Soutenez la tête d’une main et appuyez sur un point à la fois. (10) Même chose que ci-dessus. Répétez la séquence ci-dessus deux fois. (Voir les figures 123 et 124).

Les instructions ci-dessus concernant les points de pression sur le crâne sont un peu incohérentes. Pour (4) la protubérance occipitale externe la figure montre un point qui est beaucoup plus haut. Il est donc probable que le point se trouve au-dessus la protubérance osseuse. De même, la méthode de pression pour (9) est manquante mais vraisemblablement la même que pour (8).

Cou (A) cou postérieur (1) sur la colonne vertébrale, du bord inférieur du crâne à la 7e vertèbre cervicale, (2) des deux côtés de la colonne cervicale, (3) les deux côtés de (2), (4) le cou latéral.

Méthode de pressage : S’agenouiller sur un genou plié derrière le receveur assis et soutenir la mâchoire du receveur d’une main et appuyez fermement vers le haut en diagonale sur le bord du crâne (fosse occipitale). Appuyez ensuite sur la colonne cervicale jusqu’à la 7ème vertèbre. Pour les deux côtés de la colonne cervicale, placez une main sur le cou latéral du récepteur et utilisez le pouce ou le poing pour appuyer sur le centre du cou. Le (point au) bord du crâne doit être pressé en diagonale vers le haut. (3) se trouve de part et d’autre de (2) et est (appuyé) de la même manière que ci-dessus. (4) Pour le cou latéral, utilisez les côtés (radiaux) des index pour presser les côtés comme pour serrer. (Voir Fig 125)

Fig. 125

Col (B) col antérieur (5) sur la trachée du bord inférieur de la mandibule à l’encoche sternale. (6) des deux côtés de la trachée (7) les deux côtés de (6).

Méthode de pressage : De derrière le récepteur, (5) appuyez sur la trachée assez doucement avec l’index et le majeur. (6) Appuyez sur les deux côtés de la trachée à l’aide de l’index et du majeur en commençant par le bord (supérieur) des clavicules. Remontez jusqu’au triangle situé sous les mâchoires. Appuyez sur les côtés droit et gauche en alternance. (7) se trouve des deux côtés de (6) et est pressé des deux côtés à la fois. Répétez 3 fois. (Voir Fig. 126)

Fig. 126

La première séquence de Shiatsu couvre tout le corps, de la tête aux pieds, mais apparemment Tamaï avait plusieurs séquences différentes pour les mêmes zones. Encore une fois, comme je l’ai noté dans la dernière section, tous les points de Shiatsu de Tamaï sont en référence à l’anatomie. Les méridiens et les points d’acupuncture ne sont pas pris en compte. Dans la deuxième séquence Shiatsu ci-dessus pour la tête et le cou, Tamaï presse des points similaires mais dans un ordre différent. Les points sur la tête sont pressés de l’avant vers l’arrière jusqu’au bord de l’occiput. Les points sur le cou sont également les mêmes que ceux de la première séquence. La pression est appliquée directement sur les apophyses épineuses des cervicales.

La façon dont j’ai appris le Shiatsu, à l’exception du cuir chevelu, appuyer directement sur les surfaces osseuses est généralement évitée. Si je presse sur la colonne vertébrale, j’appuie sur les points entre les processus épineux qui sont souvent des points du Vaisseau Gouverneur. Bien sûr, Tamaï n’a pas fait référence aux points d’acupuncture. Appuyer sur la trachée est encore plus problématique que sur un os parce que tout sauf la plus légère pression peut provoquer une réaction comme l’étouffement. Mais comme indiqué précédemment, en tant que fondateur du Shiatsu, Tamaï pratiquait le Shiatsu sur toutes les parties du corps, même les zones les plus sensibles. Au fil des années, les zones les plus inconfortables et les moins bénéfiques telles que les globes oculaires et la zone génitale ont probablement été éliminées des séquences standard de Shiatsu.

Traduction: Ivan Bel


L’auteur :

Les racines du Shiatsu : Shiatsu-ho et Tamai Tenpeki, 3

Les racines du Shiatsu : Shiatsu-ho et Tamai Tenpeki, 3

Cet article continue la traduction et le commentaire du texte de Tamai, Shiatsu-ho. (Pour les parties 1 et 2, voir NAJOM #79 et # 80, juillet et novembre, 2020). Je commencerai à la page 97 après avoir sauté les pages 10 à 96, qui couvrent l’anatomie et la physiologie générales, y compris les images détaillées. Passer en revue un vieux texte occidental d’anatomie et de physiologie n’est pas très utile, alors je saute toutes les parties du texte qui traitent exclusivement de la médecine occidentale. Il convient de noter que la représentation du corps dans le Shiatsu de Tamaï est une vision médicale moderne sans référence à la médecine traditionnelle.


Par Stephen Brown

Traduction : Abigail Maneché

Ainsi, nous commençons avec la 3e partie, « La Méthode Shiatsu », chapitre 1, qui couvre la localisation, la méthode, le temps et la quantité comme suit :

Section 1 – localisation et méthode

De manière générale, la tête, l’arrière du cou, le haut du dos, les yeux, oreilles et les 4 membres sont pressés avec le pouce. En d’autres termes, les quatre doigts forment un poing et la pulpe du pouce est utilisée pour appuyer. Lorsque vous appuyez, appuyez doucement et lentement et avec attention. Lorsque vous lâchez prise, lâchez prise d’un seul coup.

Lorsque vous appuyez sur le visage, the front of the neck, la poitrine et l’abdomen, l’index, le majeur ou l’annulaire sont utilisés par deux ou trois ensembles. Utilisez la partie plate distale de la phalange proximale. Parfois, les os du poignet antérieur sont utilisés pour appuyer sur l’abdomen.

Ce qui ressort dans cette explication de la méthode, c’est la façon dont la pression, après avoir été appliquée « doucement et lentement » est libérée « tout à la fois ». Ce n’est pas ainsi que j’ai appris à appliquer une pression dans ma formation de Shiatsu au Japon, qui suggérait une pression progressive à la fois dans la phase d’application et de libération.

Section 2 – Temps et quantité

La durée d’une pression est de 3 à 5 secondes. La pression est répétée 2 ou 3 fois. La quantité de pression va jusqu’au moment où le receveur va ressentir de la douleur.

Ce qui est frappant dans cette brève explication est la répétition de la pression sur les mêmes points. C’est une autre caractéristique du Shiatsu de Tamaï qui n’a pas survécu dans le Shiatsu japonais. Appuyer sur le même point à plusieurs reprises est l’exception et non la norme. Habituellement, une fois chacun suffit. Il convient aussi de noter la quantité de pression juste avant de devenir douloureux. C’est quelque chose qui pourrait être beaucoup plus développé que la sensibilité et la tolérance à la douleur sont si individuelles et diffèrent d’un point à l’autre.

Section 3 – localisation et méthode, avec illustrations

1 – La région de la tête (voir figures 94, 95 et 96)

  • (1) centre du front à la racine des cheveux,
  • (2),centre de la région temporale (Du Mai-22, Xin Hui). Méthode de pression : Tenez-vous derrière le receveur qui est assis et soutenez son occiput avec la main gauche et appuyez vers le centre du cerveau avec le pouce droit.
  • (3) coin du front (VB13, Ben Shen),
  • (4) extrémité du sourcil,
  • (5) juste en arrière du précédent. Méthode de pression : En utilisant les deux pouces ou les deux majeurs, appuyez vers le centre du cerveau en même temps (des deux côtés).
  • (6) bord inférieur de l’os zygomatique. Méthode de pression : Utilisez les deux majeurs comme si vous vous agrippiez.
  • (7) processus coronoïde de la mandibule. Méthode de pression : Utilisez l’index et le majeur pour appuyer légèrement vers l’avant.
  • (8) un demi-cun au-dessus du pavillon auriculaire
  • (9) coin du front. Méthode de pression : En utilisant les deux pouces, appuyez vers le centre du cerveau (des deux côtés).
  • (10) sommet de la tête. Méthode de pression : Utilisez le pouce pour appuyer vers le centre du cerveau.
  • (11) coin de l’occiput. Méthode de pression : Soutenez doucement le front d’une main et utilisez le pouce pour appuyer vers le centre du cerveau.
  • (12) protubérance occipitale externe
  • (13) suture occipitale
  • (14) même chose que le précédent. Méthode de pression : Soutenir le front et appuyer avec le pouce.

En expliquant sa méthode de Shiatsu, Tamaï se réfère à l’anatomie et non aux méridiens ou aux points. J’ai ajouté quelques points d’acupuncture entre parenthèses pour plus de clarté et de brièveté. L’approche d’appuyer sur des points par rapport à l’anatomie plutôt qu’aux méridiens est cohérente avec la façon dont le Shiatsu est majoritairement pratiqué au Japon aujourd’hui. Il est intéressant de noter que Tamaï dit « appuyez vers le centre du cerveau », au lieu de vers le centre de la tête. Il semble qu’il suggère de visualiser les structures anatomiques sous les points pressés.

2 – Partie postérieure du cou (voir les figures 97 et 98)

  • (1) bord du crâne, fosse centrale. Méthode de pression : Placez une main sur le front du réceveur, appuyez d’abord vers l’avant, et en maintenant la pression appuyez vers le haut et vers l’intérieur.
  • (2), (3), & (4) bord du crâne. Méthode de pression : Soutenez le front et utilisez le pouce pour appuyer fermement vers le haut et vers l’intérieur.
  • Colonne cervicale. Méthode de pression : Utilisez le pouce pour appuyer directement vers le milieu du cou.
  • Bord et à côté de la colonne cervicale. Méthode de pression : Identique à ci-dessus.
  • Côté du cou. Méthode de pression : Appuyez des deux côtés comme pour pincer avec les côtés des index.

3 – Partie antérieure du cou

  • (1) au-dessus de la trachée. Méthode de pression : appuyez doucement avec l’index et le majeur.
  • (2) bords de la trachée. Méthode de pression : appuyez alternativement avec l’index et le majeur.
  • (3) de chaque côté de la trachée. Méthode de pression : appuyez de chaque côté en même temps avec les indexs et les majeurs.
  • (4) en-dessous du menton et sous le menton. Méthode de pression : appuyez vers le haut et l’intérieur avec le majeur.
  • (5) au-dessous et en-dessous de la clavicule. Méthode de pression : appuyez sur les bords supérieurs et inférieurs de la clavicule en la pinçant entre l’index et le majeur.
  • (6) zone thyroïdienne supérieure
  • (7) zone thyroïdienne inférieure. Méthode de pression : appuyez avec l’index et le majeur.

Remarque : Pour le Shiatsu sur le cou antérieur, se tenir derrière le receveur pour placer la main devant le cou et appuyez de l’avant vers l’arrière (voir les figures 99 et 100).

La partie postérieure du cou est une zone très importante car c’est la voie de sortie des nerfs crâniens et aussi la voie descendante des veines cervicales. La partie antérieure du cou est une zone très importante car les artères cervicales et sous-clavières communes, la thyroïde ainsi que les nerfs vagues et sympathiques passent par-là (voir figures 99 & 100)

4 – Haut du dos

(1) Sur la colonne thoracique. Méthode de pression : Se reculer un peu du receveur et agenouillez-vous derrière eux, soutenez une épaule et appuyez avec le pouce. Gardez le bras tendu et appuyez avec le poids du corps.

(2) Bords de la colonne thoracique. Méthode de pression : posez une main sur l’épaule du receveur et appuyez avec le pouce ou le poing.

(3) Bords de la scapula. Méthode de pression : placez une main sur l’épaule du receveur et appuyez. Tirez l’épaule vers vous et appuyez en même temps dans la dépression le long de la scapula.

(4) Sur la scapula. Méthode de pression : appuyez avec le pouce (voir fig. 101)

Fig. 101

5 – Bas du dos

  • (1) Sur la colonne lombaire, sacrum et coccyx,
  • (2) bords de la colonne lombaire, sacrum et coccyx,
  • (3) de chaque côté du (2),
  • (4) de chaque côté du (3). Méthode de pression : le receveur est allongé, appuyez des deux côtés (de la colonne) avec les pouces ou poings (voir Fig. 102).
Fig. 102

6 – Côté antérieur du bras

  • (1), (2) & (3) sont sur l’axillaire ;
  • (4), (5) & (6) sont sur l’artère brachiale ;
  • (7), (8), (9) & (10) sont sur l’artère radiale ;
  • (11) est à la base du pouce. Méthode de pression : tenir le bras du receveur dans une main et appuyez avec le pouce de l’autre main.

7 – Côté postérieur du bras

  • (1), (2) & (3) sont sur l’épaule ;
  • (4) est sur l’acromion ;
  • (5), (6) & (7) sont sur le bras ;
  • (8), (9) & (10) sont sur l’avant-bras ;
  • (11) est entre l’index et le pouce (GI-4)

Se mettre debout pour appuyer [sur les points de] l’épaule et s’asseoir pou appuyer sur les autres. Tenir le bras du receveur dans une main et appuyer avec le pouce de l’autre main.

8 – Côté antérieur de la jambe

  • (1), (2) & (3) sont sur la cuisse,
  • (4), (5), (6), (7) & (8) sont sur le bord latéral du tibia,
  • (9) est sur le dos du pied. Méthode de pression : s’asseoir à la droite du receveur en décubitus dorsal pour appuyer sur sa jambe droite, et s’asseoir à sa gauche pour appuyer sur sa jambe gauche (voir figures 109 & 110).
Fig. 110
Fig. 109

9 – Côté postérieur de la jambe

  • (1), (2) & (3) sont sur la cuisse,
  • (4) est dans le creux poplité,
  • (5), (6) & (7) sont sur le mollet,
  • (8) est sur la malléole interne,
  • (9) est la malléole externe,
  • (10) est sur la plante du pied. Méthode de pression : s’asseoir à la droite du receveur en décubitus dorsal pour appuyer sur sa jambe droite, et s’asseoir à sa gauche pour appuyer sur sa jambe gauche. (voir figures 111 & 112)
Fig. 112
Fig. 111

10 – Zone thoracique : Appuyez partout sans tenir compte des côtes

Méthode de pression : appuyez plutôt légèrement trois fois avec la pulpe de l’index, du majeur et de l’annulaire. Puis frottez plusieurs fois le long [des bords] des côtes avec les paumes en relâchant aux extrémités latérales. Répétez trois fois. (voir figures 113 et 114)

Fig. 114
Fig. 113

11 – Zone abdominale : toute la surface

Méthode de pression : (Comme pour la zone thoracique) Appuyez (assez légèrement) en utilisant la pulpe de l’index, du majeur et de l’annulaire distaux à l’articulation centrale.

Commencez à partir de (1) et appuyez sur la ligne médiane. (6) est sur le bord de la symphyse pubienne. Continuez à appuyer vers l’intérieur vers la colonne iliaque supérieure antérieure droite avec (7), (8) et (9). Dans (10) & (11) appuyez du flanc vers l’intérieur. Dans (12), (13) & (14) appuyez du bord de la cage thoracique droite vers l’intérieur.

Dans (15), (16) & (17) appuyez du bord de la cage thoracique gauche vers l’intérieur. Dans (18) & (19) appuyez du flanc vers l’intérieur. Dans (20), (21) & (22) appuyez de la colonne iliaque supérieure antérieure gauche vers l’intérieur. De (23) appuyez autour du nombril en dedans du premier cercle (successivement) sur (24), (25), (26), (27), (28), (29) & (30). (voir figure 115)

Répétez cette séquence 3 ou 4 fois.

Fig. 115

La technique pour appuyer sur les points sur la poitrine et l’abdomen en utilisant la pulpe de trois doigts est une technique que je n’ai jamais rencontrée. Certes, j’ai utilisé ce genre de pression pour la palpation de l’abdomen, mais pas comme technique deShiatsu. J’ai appris à utiliser le bout des trois doigts (index, majeur et annulaire) dans le diagnostic abdominal du Zen Shiatsu de Masunaga. Cette technique permet une pression profonde dans l’abdomen, mais l’utilisation des coussinets de trois doigts ne permet pas beaucoup de pénétration. Tamaï suggère une « pression plutôt légère » pour les points sur la poitrine, mais ne dit rien sur la quantité de pression pour l’abdomen. Étant donné que la méthode de pression est la même pour la région thoracique et la région abdominale, il est prudent de supposer que la quantité de pression est la même. Par conséquent, j’ai ajouté « appuyez plutôt légèrement » dans « Méthode de pression » pour la région abdominale.

Tamai ne mentionne aucune anatomie lorsqu’il explique le Shiatsu de l’abdomen, à l’exception du nombril et des points de repère du corps. Il semble que les organes internes ne soient pas visualisés ici. Plus tard, dans la partie 8, Tamaï présente sa « méthode vitalisante pour les organes abdominaux » dans laquelle il explique en détail comment traiter les organes viscéraux individuels. Comme on pouvait s’y attendre, sa vision des organes viscéraux est complètement moderne. Il y a une autre chose à propos de l’explication de Tamaï du Shiatsu pour la poitrine et l’abdomen qui est évidente, en particulier pour ceux qui, comme moi, ont été formés au style de Masunaga. Il n’y a pas d’explication de ce qu’il faut faire avec la main qui ne fait pas de pressions. L’absence d’explication indique que, sauf dans les endroits où le corps doit être tenu ou soutenu pour appliquer une pression (comme ci-dessus dans le Shiatsu pour la tête ou le bras dans la position assise), l’utilisation de deux mains de manière complémentaire était inhabituelle pour Tamaï. Quiconque fait beaucoup de Shiatsu sur le hara fait probablement bon usage de l’autre main. Faisons très attention au fur et à mesure que nous avançons, en particulier aux photos pour voir comment Tamaï utilisait son autre main.

Traduction : Ivan Bel


L’auteur

Les racines du Shiatsu : Shiatsu-Ho et Tenpeki Tamaï – 2

Les racines du Shiatsu : Shiatsu-Ho et Tenpeki Tamaï – 2

Cet article commence la traduction et le commentaire du texte de Tamai, Shiatsu-ho. (Pour la première partie, voir l’article original en anglais dans le NAJOM n°79, juillet 2020 ou lire la version française ici). Dans cette seconde partie, Stephen Brown commence à traduire les parties les plus intéressantes de l’ouvrage fondateur du Shiatsu : Shiatsu-Ho de Tenpeki Tamaï. Pour information, il le seul à avoir nommé sa technique ainsi. Toutes les écoles suivantes reprennent ce nom en ajoutant le nom de leur fondateur ou de leur style. Ce sont des ryû ou écoles/styles. Nous les connaissons bien (Namikoshi Shiatsu, Zen Shiatsu de Masunaga, Ohashiatsu de Ohashi, etc.) car ce sont ces courants qui ont progressé à travers le monde. Mais de l’œuvre du fondateur et de sa vision des choses nous ne savons presque rien. C’est pour cela que la traduction de son œuvre est fondamentale. De plus, Stephen Brown ajoute ses propres commentaires au fur et à mesure de la traduction, permettant d’ajouter un éclairage supplémentaire sur le contenu du livre. Pour une plus grande précision, j’ai ajouté également à la fin le travail important de Billy Ristuccia qui a traduit la table des matières du livre. Grâce à eux deux, nous approfondissons de plus en plus notre chemin vers les racines du Shiatsu.


Par Stephen Brown

Traduction : ivan Bel

La version réimprimée du Shiatsu-ho[i] est une combinaison du texte original avec un manuel de traitement de diverses maladies, qui était à l’origine uniquement disponible pour les étudiants de Tamaï. Cette dernière section occupe 76 pages, alors que le texte principal comprend 537 pages. Ensemble, ces parties constituent un compendium impressionnant de la thérapie Shiatsu. La traduction intégrale de l’ensemble du texte prendrait beaucoup trop de temps, heureusement presque la moitié du texte explique l’anatomie et la physiologie occidentale. J’ai donc choisi de sauter les parties du texte qui ont à voir exclusivement avec la médecine occidentale.

Dans cet article je vais couvrir le tout début du texte principal sur le Shiatsu, soit environ 100 pages. Mais comme les pages 10 à 96 traitent des « Aspects physiologiques de la thérapie shiatsu », que je ne couvrirai pas, cet article portera principalement sur le tout début du livre. Les « Aspects physiologiques » représentent l’anatomie occidentale et la physiologie, en passant des cellules à la peau et aux organes ainsi que les systèmes d’organes et ne concerne pas le Shiatsu proprement dit. Il est intéressant toutefois de noter que Tamaï a choisi d’inclure autant d’anatomie et de physiologie dans son texte alors que cela ne semble pas avoir de rapport direct avec la théorie ou la pratique du shiatsu. Il est probable que, à une époque où la science occidentale était ascendante, Tamaï ait voulu impressionner les gens avec sa compréhension de la vision moderne du corps.

Extrait des pages anatomiques

La préface

Après la table des matières (voir la section Bonus en fin d’article) avec les titres des chapitres suit la courte préface suivante :

« La thérapie Shiatsu nourrit les éléments essentiels du corps, et corrige les anomalies dans les électrons, et (équilibre) les éléments qui composent les cellules afin qu’il n’y ait pas d’excès ou de manque et que l’activité des cellules reste saine. Il régule la fonction physiologique des nerfs et ajuste les activités métaboliques des différents systèmes organiques pour promouvoir la santé.

La thérapie Shiatsu entraîne les muscles du squelette ainsi que les organes internes, et ajuste la structure squelettique, améliore la constitution et renforce l’immunité. Elle élimine ainsi les causes internes de la maladie, ce qui permet de résister les causes externes et prévenir diverses maladies.

La thérapie Shiatsu est appliquée en fonction de l’état de maladie du corps et de l’esprit, et ainsi harmonise l’esprit et le corps pour renforcer la capacité d’autoguérison et ainsi guérit les maladies.

L’auteur a lui-même pratiqué cette méthode depuis 20 ans et a aidé plusieurs milliers de personnes à améliorer leur santé, à prévenir et à guérir les maladies. L’effet est fiable et il n’y a aucun effet secondaire. J’espère que beaucoup mettront cette méthode en pratique.

– L’auteur »

Dans sa préface, Tamaï invoque des termes comme étant des éléments essentiels « électrons, cellules et fonction physiologique des nerfs » pour expliquer les effets en termes matérialistes et positionner le Shiatsu comme une méthode thérapeutique moderne. Mais il fait volte-face dans les quatre pages de calligraphie qui suivent pour indiquer une dimension spirituelle. Ces œuvres calligraphiées sont l’œuvre de différents maîtres. Il est difficile de retrouver les calligraphes, mais chaque page est l’œuvre d’une personne différente, avec un style nettement différent.

Chikara

Le premier est le plus simple, un seul caractère CHIKARA pour dire « force ou puissance ». Le second représente simplement les caractères du Shiatsu. C’est très approprié si l’on considère que le nom Shiatsu vient d’être inventé par Tamaï. La troisième page comporte également deux caractères SEI et SHIN, qui ensemble signifient « cœur/esprit correct ou droit. cœur/esprit droit ». La dernière page avec les deux caractères Ho et I, semble parler le plus à l’esprit du Shiatsu. En effet, ils signifient « nourrir ».

Sei Shin

Le principal porte-parole du Shiatsu au Japon fut Namikoshi Tokujiro. Tokujiro est devenu célèbre avec son slogan « Le coeur/esprit du Shiatsu est comme le cœur/esprit d’une mère ». Cet aspect nourricier du shiatsu a été mis en avant par Masunaga aussi, et il l’a lié à son concept de tonification qui est crucial pour tout changement fondamental.

Avant-propos de « La thérapie Shiatsu »

Ensuite, il y a un avant-propos d’un moine zen qui souligne davantage l’aspect spirituel du Shiatsu, comme suit :

« Comme mon moi provient de la même source que le Ciel et la Terre, je ne fais qu’un avec les Dix mille choses. Ainsi, fondamentalement, il n’y a pas de moi séparé et il ne peut y avoir de « moi » individuel. Et puisqu’il n’y a pas de « moi », il n’y a pas non plus de naissance ou de mort du « moi ». Par conséquent, lorsque nous chantons « pas de moi » avec une concentration totale, il y a une réponse mystérieuse, les Quatre Incommensurables sont atteints et nous atteignons une vie dorée indestructible. Mon ami dans le Dharma, Tamaï Tenpeki, a sondé les profondeurs de la naissance, du vieillissement, de la maladie et de la mort et a découvert le moyen de guérir la maladie et de promouvoir la santé dans le corps et l’esprit. Il a mis cette découverte à l’épreuve de la réalité pratique depuis plus de dix ans, et dans aucun cas il n’a échoué. Il a maintenant écrit ce texte et a rendu (sa méthode) publique pour aider l’humanité. J’écris cet avant-propos pour reconnaître que c’est la plus haute méthode pour la santé du corps et de l’esprit. »

– 16 juin 1936 Tōkaido Ofuna Mugasso

Temple, Hamachi Tensho

En d’autres termes, au tout début du texte, Tamaï fait comprendre au lecteur que le Shiatsu est scientifique et en même temps qu’il a une profondeur spirituelle issue de la culture traditionnelle (Zen).

Structure du chapitre 1

Après avoir présenté une seule page sur la théorie générale de la thérapie Shiatsu, suivent 90 pages de physiologie de base. Sa « Théorie générale de la thérapie Shiatsu » se lit comme suit :

  • Chapitre 1 : Explication de la thérapie shiatsu
    • Section 1 : Harmonie corps-esprit
      • Il élimine le stress mental, libère la douleur physique et l’inconfort, et harmonise le corps et l’esprit.
    • Section 2 : Correspond à la nature de l’individu
      • Parce qu’il s’aligne sur la nature, il est agréable.
    • Section 3 : Il s’accorde avec la physiologie
      • Il favorise les conditions de vie des cellules.
      • Il normalise la respiration, régularise le rythme cardiaque et la circulation, améliore la digestion et l’absorption et permet une sécrétion et une élimination normales pour ainsi aider les fonctions physiologiques.

Dans cette explication très concise des effets du Shiatsu, Tamaï aborde l’aspect mental, la sensibilité personnelle (le plaisir) et l’aspect physique. Il est clair qu’il met l’accent sur l’aspect physique et fournit des détails sur la manière dont le Shiatsu facilite l’entretien de fonctions physiologiques saines. Cette explication est suivie d’une longue section sur la physiologie occidentale. Cela se lit comme un manuel de physiologie du début du 20ème siècle. Avant d’entrer dans les détails de la théorie ou la pratique du Shiatsu, Tamaï choisit donc d’expliquer la vision matérialiste occidentale du corps.

Beaucoup, surtout en Occident, croient que le Shiatsu est une thérapie traditionnelle, mais en réalité, il est né d’une vision moderne du corps et n’est pas basé sur le concept de la médecine traditionnelle, mais en réalité il émerge d’une vision moderne du corps et n’est pas basé sur l’ancien concept chinois ou même sur le concept médiéval japonais du corps. Ce n’est que dans les années 1960 que des écoles de Shiatsu ont émergé, notamment avec Masunaga Shizuto, qui ont rétabli le corps traditionnel avec le Qi et les méridiens. Alors, quel était le Shiatsu de Tamaï, mélange d’une vision occidentale du corps et d’une vision spirituelle japonaise ?
C’est ce que c’est ce que nous allons découvrir en lisant la suite.


Note :

[i] Il existe deux versions du livre de Tenpeki Tamaï. La version originale de 1939 s’intitule Shiatsu Ryoho, soit Thérapie Shiatsu. La seconde version est une réimpression augmentée et date de 2008. Elle s’intitule Shiatsu-Ho (le titre d’origine se retrouve en 3ème page) ce qui signifie simplement Technique ou Méthode Shiatsu.


Bonus :

Voici la traduction de la table des matières du livre par Billy Ristuccia faite dans le groupe de recherche History of Shiatsu.

[目次] Mokuji (Table of Contents)

  • 標題 Hyōdai (Title)
  • 目次 / p.1 Mokuji
  • 緒言 / p.3 Shogen (Introduction)
  • 題字 p.4 Daiji (Topic/Subject)
  • 序文 / p.8 Jobun (Preface)
  • 第一編 指壓療法總論 / p.9 Chapter 1 – Shiatsu Ryōhō Soron (Shiatsu Therapy General Theory)
  • 第二編 指壓療法生理學摘要 / p.10 Chapter 2 -Shiatsu Ryōhō Seirigaku Tekiyo (Shiatsu Therapy Application of Physiology)
  • 解剖學 生理學 / p.14 – Kaibogaku Seirigaku (Anatomy Physiology)
  • 組織學 / p.81 – Soshikigaku (Histology)
  • 第三編 指壓方式 / p.97 Chapter 3 – Shiatsu Hōshiki (Shiatsu Method)
  • 第四編 迫壓方式 / p.113 Chapter 4 – Appaku Hōshiki (Pressure Method)
  • 第五編 抑壓方式 / p.118 Chapter 5 – Osae/Yokuatsu Hōshiki (Suppression Method)
  • 第六編 方式附記 / p.120 Chapter 6 – Hōshiki Fuki (Method Note)
  • 第七編 指壓療法三大綱領 / p.123 Chapter 7 – Shiatsu Ryōhō Sandai Kōryō (Shiatsu Therapy Three Major Main Points)
  • 第八編 腹内臟器強健法 / p.134 Chapter 8 – Anpaku Hizo Kyoken Hō (Abdominal Spleen Strong Health Method)
  • 第九編 胸腔内臟器強健法 / p.176 Chapter 9 – Kyōkū Uchi Hizo Kyoken Hō (Intrathoracic Spleen Strong Health Method)
  • 第十編 腦脊髓強健法 / p.184 Chapter 10 – Nosekizui Kyoken Hō (Brain Spinal Cord Strong Health Method)
  • 第十一編 身體外面諸器強健法 / p.191 Chapter 11 – Shintai Gaimen Shoki (Body Outer Surface Instruments Strong Health Method)第十二編 諸病豫防法 / p.208 Chapter 12 – Shobyo Yobohō (Various Diseases Prevention Methods)
  • 第十三編 應急法(速治法) / p.218 Chapter 13 – Okyu Hō (Sokuchi Hō) First Aid (Rapid Cure Method)
  • 第十四編 指壓療法物理學 / p.230 Chapter 14 – Shiatsu Ryōhō Butsurigaku (Shiatsu Therapy Physics)
  • 第十五編 指壓療法化學 / p.237 Chapter 15 – Shiatsu Ryōhō Kagaku (Shiatsu Therapy Chemistry)
  • 第十六編 指壓療法生物學 / p.243 Chapter 16 – Shiatsu Ryōhō Seibutsugaku (Shiatsu Therapy Biology)
  • 第十七編 運動神經及作用筋 / p.249 Chapter 17 – Undō Shinkei Kyusaku Yokin (Movement Exercise Nerve Effector Muscle)
  • 第十八編 神經と内臟との關係 / p.261 Chapter 18 – Shinkei to Anpuku to no Kankei (The Relatioship of Nerves with the Abdomen)
  • 第十九編 諸般の運動 / p.270 Chapter 19 – Shohan no Undō (Various Movement Exercises)
  • 第二十編 神經の迫壓法 / p.279 Chapter 20 – Shinkei no Appaku Hō (Nerve Pressure Methods)
  • 第廿一編 指壓療法衞生學 / p.285 Chapter 21 – Shiatsu Ryōhō Eiseigaku (Shiatsu Therapy Hygiene)
  • 第廿二編 力の應用療法 / p.292 Chapter 22 – Chikara no Ōyō Ryōhō (Strength of Application Therapy)
  • 第廿三編 靈手指壓療法 / p.299 Chapter 23 – Reite Shiatsu Ryōhō (Spirit Hand Shiatsu Therapy)
  • 第廿四編 指壓療法觀心術 / p.303 Chapter 24 – Shiatsu Ryōhō Kanshinjutsu (Shiatsu Therapy Art of Contemplation)
  • 第廿五編 指壓療法暗示術 / p.314 Chapter 25 – Shiatsu Ryōhō Anjijutsu (Shiatsu Therapy Art of Suggestion)
  • 第廿六編 指壓療法心理學 / p.320 Chapter 26 – Shiatsu Ryōhō Shinrigaku (Shiatsu Therapy State of Mind Study)
  • 第廿七編 指壓療法哲學 / p.335 Chapter 27 – Shiatsu Ryōhō Tetsugaku (Shiatsu Therapy Philosophy)
  • 第廿八編 指壓療法原理 / p.345 Chapter 28 – Shiatsu Ryōhō Genri (Shiatsu Therapy Principles)
  • 第廿九編 指壓療法は善の行爲也 / p.349 Chapter 29 – Shiatsu Ryōhō Wa zen no gyō tamenari (Shiatsu Therapy is the Act of Goodness)
  • 第三十編 指壓療法疾病概念 / p.358 Chapter 30 – Shiatsu Ryōhō Shippei Gainen (Shiatsu Therapy Disease Concepts)
  • 第卅一編 指壓療法病理學 / p.390 Chapter 31 – Shiatsu Ryōhō Byōrigaku (Shiatsu Therapy Pathology)
  • 第卅二編 指壓治療實驗例 / p.416 Chapter 32 – Shiatsu Chiryō Jikken Rei (Shiatsu Treatment Case Studies)
  • 第卅三編 指壓部位概要 / p.426 Chapter 33 – Shiatsu Bui Gaiyō (Shiatsu Articulation Points)
  • 第卅四編 指壓療法信條 / p.433 Chapter 34 – Shiatsu Ryōhō Shinjō (Shiatsu Therapy Faith)
  • 第卅五編 指壓諸病治療法 / p.436 Chapter 35 – Shiatsu Shobyo Chiryō Hō (Shiatsu Treatment of Various Diseases)
  • 第卅六編 心經講義 / p.499 Chapter 36 – Shingyō Kōgi (Heart Sutra Lecture)第卅七編 補遺録 / 525 Chapter 37 Hoiroku (Addendum)
  • 第卅八編 指壓療法跋 / p.530 Chapter 38 – Shiatsu Ryōhō Batsu (Shiatsu Therapy Epilogue)

Traduction : Ivan Bel


L’auteur

Les racines du Shiatsu : redécouvrir Tenpeki Tamaï

Les racines du Shiatsu : redécouvrir Tenpeki Tamaï

Ce que vous allez lire aujourd’hui est le résultat d’un long processus qui a pris plus d’une année. A l’origine il y a ma frustration personnelle de ne pas voir de traduction du livre du fondateur du Shiatsu, Tenpeki Tamaï, dans aucune langue étrangère. J’ai par la suite créé le groupe Facebook « History of Shiatsu » pour réunir des informations et regrouper des passionnés de Shiatsu capables de trouver des informations historique sur notre art ainsi que pour soutenir mon ami Viorel Mihai pour qu’il puisse un jour écrire cette histoire du Shiatsu (c’est en cours). Grâce à cette communauté j’ai lancé un appel international pour la traduction de ce livre dont nous ne savons rien, ce qui est proprement hallucinant alors que tout le monde se vante du faire du Shiatsu « traditionnel ». L’incroyable Billy Ristuccia nous avait déjà fait le cadeau de traduire la table des matières de cet ouvrage sur notre groupe, ce qui était déjà un premier pas. Mais finalement, grâce à l’intervention de notre ami Brian Skow, c’est l’immense professeur Stephen Brown qui a répondu à l’appel. Coéditeur du NAJOM (North-America Journal of Oriental Medicine), acupuncteur, praticien de Shiatsu, traducteur et auteur, il s’est engagé à traduire par épisode ce livre fondamental pour tous les shiatsushi du monde. Stephen Brown m’a ensuite donné l’autorisation de traduire ses articles en français pour les partager auprès du public francophone. La version anglaise est disponible sur le site du NAJOM. Dans ce premier article, il dresse un tableau général du Shiatsu avant de commencer la traduction proprement dite. Découvrir les origines c’est ENFIN pouvoir parler en toute connaissance de cause de ce qu’est le Shiatsu et ENFIN de pouvoir s’ancrer dans une tradition. Son travail est donc fondamental. Je vous laisse maintenant en sa compagnie.


Par Stephen Brown

Traduction : Ivan Bel

Le Shiatsu a été une partie importante de ma pratique depuis plus de 35 ans. En fait, lorsque j’ai pensé retourner au Japon où j’ai été élevé lorsque j’étais enfant, afin d’étudier la médecine traditionnelle japonaise, je m’intéressais surtout au Shiatsu et aux thérapies manuelles (appelé ryojutsu), y compris le reboutage. Mais les choses avançant je suis devenu plus praticien d’acu-moxa, mais je n’ai jamais renoncé à mes racines Shiatsu.

En raison de l’importance qu’il accorde à l’équilibre des méridiens, j’ai étudié le style Masunaga (Zen Shiatsu) qui est appelé Keiraku Shiatsu (Shiatsu des méridiens) au Japon. Malheureusement, peu de temps avant que je me mette à étudier dans sa clinique, Masunaga décéda d’un cancer. J’ai appris le Shiatsu des méridiens de ses meilleurs étudiants et, dans ce processus, j’ai été impressionné par la manière dont Masunaga a ancré son travail dans les classiques et les techniques de travail corporel du Japon, y compris le Sotai récemment créé. J’ai traduit le texte final de Masunaga sur les « Exercices des méridiens » de façon à étudier et mieux comprendre le point de vue de Masunaga sur le Shiatsu et la vie.

La tendance dans le monde de la médecine extrême-orientale est de positionner la pratique savante des herbes au sommet de l’art, l’acupuncture et la moxibustion quelque part en dessous, avec le Shiatsu et le travail corporel tout en bas de l’échelle. Il y a bien moins de littérature sur la théorie et la pratique du Shiatsu qu’il n’y en a sur l’acu-moxa et certainement sur les herbes. Cette même hiérarchie était évidente en Chine lorsque j’y suis allé pour étudier la MTC en 1984. Pour une raison quelconque, la guérison par les mains est considérée comme moins puissante que ses homologues dans la médecine traditionnelle. Je crois qu’une des raisons de la moindre valorisation du travail corporel est due au fait qu’elle les effets sont très liés au praticien et à son charisme.

L’une des phrases préférées de mon professeur d’acupuncture, Shudo Denmei, explique cela très bien : « Hari wa hito nari » ou « l’acupuncture est une expression de cette personne ». En d’autres termes, la valeur de l’acupuncture ne tient pas seulement dans la technique, mais aussi de la connaissance, de la vision du monde, de l’esprit – tout va ensemble. Avec le travail manuel, il n’y a pas d’outils, pas de substances, juste le guérisseur et les mains. Il n’y a pas beaucoup de temps ni d’intermédiaire pour que se fasse l’effet placebo. Il faut beaucoup de confiance pour s’attaquer à la maladie avec rien d’autre que nos mains. C’est un peu comme se battre sans armes. Le pouvoir et le charisme d’un guérisseur de terrain ne s’apprennent pas si facilement.

J’aime ce défi, mais je dois admettre que j’en suis venu à compter sur l’aiguille et le moxa pour compléter mon régime thérapeutique. Pourtant, les fondateurs du Shiatsu essayaient de convaincre le public que toutes les maladies peuvent être soignées par simple pression du doigt. Historiquement, le principal travail corporel au Japon a été l’Anma. Importé de la Chine de la dynastie Tang, l’Anma s’est transformé en divers styles japonais comme c’est le cas pour tous les autres les importations continentales, y compris le bouddhisme.

Stephen Brown en pleine session de Shiatsu (C) S. Brown

Le problème de l’Anma au début du XXe siècle, lorsque le Shiatsu a vu le jour, était qu’il était le domaine exclusif des praticiens aveugles. L’Anma avait stagné pendant des siècles et était devenu une profession de bas étage pour la récupération et la détente, en association avec les stations thermales. À part quelques guérisseurs doués, la plupart des Anma étaient pratiqués par des hommes peu instruits et sans aucune connaissance de la médecine, traditionnelle ou moderne. Et bien sûr, le Japon se modernisait rapidement sur tous les fronts.

C’est là que les fondateurs du Shiatsu entrent en scène. Il s’agissait d’hommes voyants qui avaient accès à de la littérature sur les techniques corporelles traditionnelles, notamment le reboutage ainsi que les dernières publications de médecine occidentale, y compris l’ostéopathie et la chiropratique, qui ont particulièrement suscité leur intérêt. Ils ont eu des aspirations plus élevées – rétablir les soins manuels à leur place légitime en tant que technique curative. Il y avait un bon nombre de praticiens ayant cet objectif, mais Tenpeki Tamaï a été le premier à dénommer sa technique simplement comme « Shiatsu » (pression des doigts). Et le nom a pris racine pour représenter cette pratique déjà très diverse à cette époque – pressions, étirements et manipulation du corps pour soigner de la maladie.

Je ne connaissais pas le texte Shiatsu-ho de Tamaï jusqu’à ce qu’un de mes collègues m’envoie une copie PDF. C’est le premier texte de ce genre et il a été le point de départ de nombreux praticiens japonais. C’était la bible de la mère de Masunaga et de nombreux autres pratiquants de Shiatsu qui ont étudié la méthode de Tamaï. Bien que ce texte ne soit plus utilisé dans aucune école au Japon, il constitue une ressource précieuse qui donne un aperçu des racines du shiatsu. Dans le site de Japonais d’Amazon, ce texte est décrit comme suit :

« Il s’agit d’une réédition du célèbre texte du fondateur de la thérapie Shiatsu, Tenpeki Tamaï. Le Shiatsu est une thérapie manuelle unique qui s’est développée au Japon. Elle est née du do-in et de l’ankyo (koho anma) dans la Chine ancienne et est devenue la thérapie manuelle empirique du Japon qui comprenait des techniques prémodernes de reboutage et de réanimation du Judo. Mais à l’époque Meiji (1868-1912), les théories et les techniques de l’ostéopathie et de la chiropraxie de l’Ouest y ont été incorporées. À l’époque Taisho (1912-1925), Tenpeki Tamaï a inventé le nom « Shiatsu » et l’a systématisé dans cet ouvrage. Voici donc le texte source du Shiatsu, qui détaille les techniques de shiatsu (pression des doigts), du hakuatsu (compression) et du yokuatsu (occlusion). Il comprend des méthodes pour renforcer les organes abdominaux, les organes thoraciques, le cerveau et la moelle épinière ainsi que les organes des sens et les membres. En outre, on y trouve des méthodes de prévention de diverses maladies ainsi que des mesures de premiers secours et, de plus, il y a des instructions sur la thérapie spirituelle des mains, la lecture de l’esprit et de comment créer des suggestions. Il énumère également les points de Shiatsu indiqués pour divers symptômes afin d’en faire un texte complet. En outre, la brochure « Les secrets de la thérapie Shiatsu pour soigner les maladies » ont été ajoutés à la fin de cette réédition. Elle détaille les enseignements oraux de Tamaï, issus de ses 20 années de pratique, d’investigations et d’expériences ».

Ce serait toute une entreprise de traduire ce classique du shiatsu. Au début, j’ai envisagé d’écrire simplement un article sur le texte de Tamaï pour le NAJOM. En y regardant de plus près, j’ai découvert que près de la moitié de ce texte concerne la médecine occidentale. Il aborde avec force détails l’anatomie et la physiologie occidentale et la pathologie du début du XXe siècle. Bien sûr, certaines de ces informations sont dépassées et les lecteurs occidentaux ne cherchent pas de telles choses dans un ouvrage de Shiatsu. L’orientation médicale occidentale de Tamaï fait sens dans le contexte du Japon des débuts de l’ère moderne qui essaye de se légitimer face au monde et rattraper son retard par rapport à la science et à la technologie occidentales. Le lectorat de l’époque aura été impressionné par la perspective moderne appliquée à son approche unique du travail corporel.

Étirement de l’épaule (C) Stephen Brown

Il y a quelque chose de cohérent dans la façon dont les praticiens japonais prennent ces informations scientifiques et médicales pour les inclure comme une couche supplémentaire dans leur système de compréhension et dans leur pratique. Ceci fut certainement vrai pour mon premier professeur, Shudo Denmei. Il peut soutenir le paradigme du Qi côte à côte avec le biomédical sans y réfléchir à deux fois. Quoi qu’il en soit, je crois que la valeur réelle du texte de Tamaï pour les lecteurs modernes réside dans les parties qui expliquent ses techniques et sa perspective unique du corps humain et de ses soins. Je vais donc passer ces sections sur la médecine occidentale et traduire uniquement les parties qui concernent spécifiquement le Shiatsu et partager mon point de vue à ses côtés. Junji Mizutani a utilisé cette approche pour discuter des passages de Shinkyu Shinzui, le récit de Shirota Bunshi sur la pratique de la moxibustion de Sawada.

Je commencerai le premier volet de cette série dans le prochain numéro. Pour conclure cette introduction, j’ajouterai également une partie des commentaires de Shizuto Masunaga sur le texte de Tamaï dans son article « L’histoire du Shiatsu ».

Je pense que le mérite de Tenpeki Tamaï est d’avoir donné à cette technique le nouveau nom de « Shiatsu ». Et afin de lui donner une base rationnelle, Tamaï a introduit les connaissances médicales occidentales modernes (dans son livre). L’affirmation de Tamaï était qu’avec la pression des mains et des pouces, on peut guérir et prévenir les maladies et améliorer la santé. En outre, il a répandu cette technique thérapeutique appelée Shiatsu, a organisé des cours et a enseigné à de nombreuses personnes. Il a utilisé un livre qu’il a écrit sur la base de ses expériences. Ce livre de Tamaï a été publié pour la première fois en 1939. Je crois qu’il a révisé et mis à jour son manuel pendant ses cours, et qu’il en a fait un texte merveilleux.

Il a regroupé tout son matériel didactique et l’a mis dans un seul volume intitulé Shiatsu-ryoho (Méthode thérapeutique Shiatsu). Il a utilisé l’ajout à son nom « fondateur de la méthode Shiatsu ». À l’époque, plusieurs livres similaires avaient été publiés, y compris la collection Hirata, mais la fierté de Tamaï fut d’être le premier à donner à cette méthode le nom de Shiatsu et de pouvoir l’écrire sur la page de titre de son livre. Les praticiens du shiatsu de l’époque ont reconnu Tenpeki Tamaï comme fondateur de la méthode Shiatsu en raison de ses recherches. Ils ont tiré un bénéfice concret de son travail qui a finalement abouti à la publication de son livre.

Traduction : Ivan Bel


L’auteur